Programmation

Vendredi 26 octobre 2018 (dîner libre)
12:00 Accueil des participants
13:00 Mot de bienvenue et allocution d’ouverture
13:30-14:45 Conférence d’ouverture – Les approches affirmatives en sexologie, vers l’intégration d’une posture anti-oppressive dans les pratiques sexologiquesPrésentée par : Denise Médico, sexologue et professeureEn sexologie un courant critique et anti-oppressif, influencé par les travaux sur les diversités sexuelles, sensibilisé aux questions des oppressions structurelles et des inégalités, se développe de plus en plus, tant dans les champs de la recherche et de l’intervention que de la clinique. Ce courant propose d’intégrer aux pratiques de la relation d’aide et de la psychothérapie les données récentes sur les conditions de vie des personnes des diversités, la prise en compte des facteurs de vulnérabilité, les réflexions portées par la philosophie et sociologie des sciences sur les concepts de normal et de pathologique (Foucault, Downing). Ces approches qualifiées d’affirmatives proposent des accompagnements permettant de repenser les mécanismes induisant les difficultés des personnes, de travailler dans une optique d’épanouissement, de responsabilité et de liberté. Elles sont également intégratives et souvent ancrées dans une vision pluridisciplinaire, éthique et politique. Cette présentation abordera les racines théoriques et scientifiques de ces approches et les principales propositions qui en découlent. La présentation sera illustrée par des exemples de cas permettant de comprendre et expliciter quelques outils et conceptualisations cliniques et pratiques des approches affirmatives et de mieux en saisir l’unité, la transversalité et la pertinence pour toutes les pratiques en sexologie. 

Denise Medico est psychologue et sexologue, elle est professeure de sexologie clinique humaniste existentielle au département de sexologie de l’UQAM. Elle pratique la sexologie clinique depuis plus de quinze ans et l’enseigne également dans des formations universitaires et privées en Suisse, Italie et Belgique. Ses travaux de recherche portent plus spécifiquement sur les questions de genre, de subjectivité et corporéité, les méthodes réflexives et les thérapies affirmatives. Elle est l’auteure de deux ouvrages et d’une trentaine d’articles et chapitres.

14:45 Pause

 

15:00-16:15 Bloc de conférences
Conférence A – En route vers des pratiques trans-affirmatives avec les personnes transPrésentée par : Maxime Faddoul, coordonnateur de recherche et formateur sur les réalités trans, militant trans racisé, UQAM et UdeMCette conférence traitera des obstacles rencontrés par les personnes trans lorsqu’elles accèdent ou tentent d’accéder à des services sociaux (publics ou privés), communautaires et de santé ; des leviers mis en place pour contrecarrer ces obstacles ; ainsi que des pratiques trans-affirmatives avec les communautés trans. La communication se base sur son projet de recherche de maîtrise portant sur les pratiques d’intervention mises en œuvre par les intervenant.e.s sociaux avec les personnes trans à Montréal et pour lequel des travailleur.se.s sociaux, des sexologues, des psychologues et des organisateur.trice.s communautaires ont été interviewé.e.s. Maxime Faddoul présentera les résultats et analyses de sa recherche effectuée à travers un cadre conceptuel s’appuyant sur les travaux de Karen Healy (2014) portant sur les contextes organisationnels de la pratique des intervenant.e.s sociaux ainsi que sur les différents discours traversant ces contextes. La présentation s’appuiera sur des concepts issus des études trans, soit le cisgenrisme (Baril, 2013;  Lennon et Mistler, 2014 ), la cis(genre)normativité (Baril, 2009; Bauer et al., 2009) et la transmisogynie (Serano, 2007). Des pistes de solution seront dégagées pour favoriser l’inclusion des personnes trans dans ces services et une réflexion sur les rôles des professionnel.le.s des services sociaux œuvrant avec les personnes trans sera réalisée.

Maxime Faddoul est le coordonnateur du projet de recherche Au-delà des apparences : une enquête intersectionnelle sur la diversité de l’expérience des jeunes trans, dirigé par la professeure Annie Pullen Sansfaçon. Il a notamment cofondé les Marches trans à Montréal et participe à diverses initiatives militantes et communautaires sur les questions LGBTQ+. Son mémoire en travail social est intitulé Articulation des questions trans en travail social : pratiques et points de vue des intervenant.e.s sociaux. Arrimant la recherche, l’intervention sociale et le militantisme, il développe des formations pour sensibiliser et éduquer les professionnel.le.s de la santé et des services sociaux aux réalités trans afin qu’iels puissent accompagner les personnes trans dans une perspective trans-affirmative.


Conférence B – Aîné.e.s gais et lesbiennes : réflexion sur des pratiques inclusives

Présentée par : Julie Beauchamp, candidate au doctorat en sexologie, UQAM, Line Chamberland, Ph.D., professeure, département de sexologie, UQAM, Hélène Carbonneau, Ph.D., professeure, département d’études en loisir, culture et tourisme, UQTR La communication portera sur les défis liés au vieillissement au carrefour de l’orientation sexuelle et de l’âge, sur la vie intime et le réseau social, sur la résilience des aîné.e.s gais et lesbiennes ainsi que sur les pratiques inclusives ayant pour but de répondre aux besoins des aîné.e.s gais et lesbiennes. La communication s’appuie sur les résultats provenant d’une recherche doctorale auprès d’adultes vieillissants gais et lesbiennes âgés de 60 ans et plus ainsi que sur la littérature. Quels sont les impacts du contexte sociohistorique sur le parcours de vie des aîné.e.s gais et lesbiennes? Quels sont les facteurs qui influencent l’expérience du vieillissement chez les aîné.e.s gais et lesbiennes? Comment soutenir les aîné.e.s gais et lesbiennes et améliorer l’adaptation des services? Cette communication explorera ces différentes questions.

Julie Beauchamp est candidate au doctorat en sexologie à l’Université du Québec à Montréal, et détient une maîtrise en loisir, culture et tourisme de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle s’intéresse aux questions relatives au vieillissement, à la sexualité et à la diversité sexuelle, notamment aux enjeux concernant l’inclusion et l’exclusion sociale. Line Chamberland est professeure au département de sexologie et titulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie à l’Université du Québec à Montréal. Elle s’intéresse notamment à la discrimination envers les minorités sexuelles, aux mouvements sociaux autour de la diversité sexuelle et au vieillissement chez les personnes LGBT.  Hélène Carbonneau est professeure titulaire au département d’Études en loisir, culture et tourisme à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle détient un doctorat en gérontologie de l’Université de Sherbrooke. Ses implications en recherche s’articulent autour de la notion d’expérience de loisir (en particulier l’expérience inclusive de loisir) en lien avec la santé et le développement positif des individus et en particulier, pour des personnes en situation de handicap ou de vulnérabilité.


Conférence C – La discrimination fondée sur le poids, ses conditions d’émergence et ses impacts sur l’estime de soi et l’intimité de femmes perçues comme ayant un excès de poids

Présentée par : Marie-France Goyer, doctorante en sexologie, chargée de cours et assistante de recherche au Département de sexologie (UQAM)

La stigmatisation fondée sur le poids, définie comme la dévaluation sociale et le dénigrement des personnes perçues comme ayant un excès de poids (Tomiyama, 2014), est souvent décrite comme l’une des formes de stigmatisation les plus répandues et acceptées socialement (Beck, 2016; Brochu et Esses, 2011; Puhl et Heuer, 2009). En Amérique du Nord, les personnes grosses, principalement les femmes, dont le corps fait l’objet d’un plus grand contrôle social que les hommes, font face à la discrimination dans plusieurs domaines tels que l’emploi, le milieu scolaire, les représentations médiatiques, l’intimité émotionnelle et sexuelle et les soins de santé physique et mentale (Fikkan et Rothblum, 2012). Comme l’illustrent la théorie du stress minoritaire (Meyer, 2003) et le modèle cyclique du stigma basé sur le poids (Tomiyama, 2014), les personnes appartenant à un groupe minorisé sont exposées à un stress excessif susceptible d’avoir des conséquences sur leur estime personnelle, leur bien-être et leur santé. Se basant sur ces théories et sur une métasynthèse de données qualitatives, cette présentation propose de : reconnaître les principales manifestations de discrimination fondée sur le poids vécues par les femmes perçues comme ayant un excès de poids, explorer les impacts de la discrimination basée sur le poids sur l’intimité des femmes perçues comme ayant un excès de poids et dégager des pistes pour l’intervention sexologique.

Marie-France Goyer est candidate au doctorat en sexologie et chargée de cours à l’Université du Québec à Montréal. Ses intérêts de recherche s’articulent principalement autour de la diversité relationnelle, corporelle, sexuelle et de genre.

16:15 Fin de la journée
17:00 Cocktail
18:00-23:00 Souper / Célébration du 40e de l’ASQ avec Melody Cocktail

 

Samedi 27 octobre 2018
7:30 Déjeuner
8:30-10:30 Assemblée générale annuelle et 5e anniversaire de l’Ordre
10:30 Pause
10:45-12:00 Bloc de conférences
Conférence D – Prévenir la violence sexuelle chez les enfants d’âge préscolaire : les pratiques les plus prometteuses pour les milieux vulnérablesPrésentée par : Annie Fournier, sexologue et psychothérapeute à la Fondation Marie-Vincent/Centre d’expertise Marie-VincentAu Québec,13 % des victimes d’agression sexuelle âgées de moins de 18 ans enregistrées par les autorités policières en 2014 sont âgées de moins de cinq ans (Ministère de la Sécurité publique, 2016). Ces chiffres sont certainement inférieurs à la prévalence réelle, car de nombreux cas demeurent inconnus, non signalés ou difficiles à documenter.Des efforts sont à faire pour déterminer les pratiques préventives les plus prometteuses auprès des tout-petits, les adapter sur le plan socioculturel, en évaluer l’implantation et assurer une pérennité des actions. Ces défis sont au cœur du programme créé par la Fondation Marie-Vincent basé sur la promotion d’une éducation à la sexualité saine et des relations égalitaires, qui met à profit les meilleures pratiques tout en portant une attention particulière aux besoins, aux ressources et aux spécificités des divers milieux, et ainsi contribuer au développement optimal des enfants. Dans une vision à long terme, le projet vise également à encourager le dévoilement des situations d’agression sexuelle envers les enfants, prévenir cette problématique sociale et réduire son incidence.

Annie Fournier, M.A. détient une maîtrise en sexologie clinique de l’Université du Québec à Montréal. Elle a travaillé en bureau privé et en milieux communautaires, plus particulièrement en milieu multiculturel. Annie Fournier est sexologue et psychothérapeute à la Fondation Marie-Vincent/Centre d’expertise Marie-Vincent depuis 2007. Dans le cadre de ses fonctions elle a participé à l’évaluation et au traitement des enfants victimes d’agression sexuelle ou présentant des comportements sexuels problématiques. Elle agit présentement à titre de directrice des services professionnels. Annie Fournier est aussi impliquée dans les activités de transfert de connaissances de Marie-Vincent. Ses champs d’intérêts visent principalement l’évaluation et le traitement des enfants victimes d’agression sexuelle et des enfants présentant des comportements sexuels problématiques ainsi que la problématique de l’agression sexuelle envers les jeunes enfants issues des Premières Nations.


Conférence E – Intervenir auprès d’une clientèle à déficience physique ou ayant une problématique physique

Présentée par : Zoé Vourantoni, sexologue psychothérapeute

Cet atelier a pour but d’outiller les thérapeutes à intervenir au niveau de problématiques physiologiques courantes et qui risquent d’être de plus en plus présentes au niveau d’une population vieillissante. Ayant acquis neuf années d’expérience en réadaptation clinique, la formatrice souhaite partager son expérience clinique dans l’évaluation de l’impact des affections physiques sur les problématiques sexologiques. Plusieurs intervenant(e)s ne se sentent pas outillés à travailler avec ces atteintes et réfèrent, bien que l’aspect physique ne soit pas central au motif de consultation. Cet atelier vise à présenter comment des diagnostics comme l’arthrite, la douleur chronique, les AVC et ACV… , affectent la vie sexuelle et relationnelle des individus. Aussi, il sera question d’outils concrets pour faciliter l’intervention avec une telle population. Il s’agit donc de mieux comprendre les impacts de tels diagnostics et des traitements pharmaceutiques et surtout de ne pas perdre l’intervention sexologique dans le médical. 

Zoé Vourantoni est sexologue clinicienne et psychothérapeute, graduée de la maîtrise en sexologie profil counseling de l’UQAM et d’un baccalauréat en psychologie de l’Université de Montréal. Elle pratique comme sexologue clinicienne et psychothérapeute en bureau privé depuis 2009 et a fait 9 ans de carrière en réadaptation physique au CIUSS centre-sud de Montréal division Lucie-Bruneau. Elle est également superviseure des stages cliniques pour le programme de sexologie clinique à l’UQAM. Depuis 2010, elle agit également comme conférencière à différents niveaux, dont en PAE, également à travers le système de santé. Elle a été invitée à présenter à de multiples colloques dans le domaine de la réadaptation physique. Son expertise a été sollicitée à maintes reprises pour des chroniques radio et entrevues télévisuelles.


Conférence F – Sexualité entre hommes; la prévention du VIH renouvelée accessible à tous? Présentée par : Patrice Bécotte, sexologue et intervenant chez RÉZO Alexander McKenzie, sexologue, CRCHUM La prévention de la transmission du VIH auprès des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) a récemment connu un important changement de paradigme; le condom n’est plus le seul moyen hautement efficace disponible pour empêcher la transmission du VIH lors de relation sexuelle (CATIE, 2018). Les avancées scientifiques du traitement de contrôle de la charge virale et de la médication préventive, de même que le renouvellement des approches de prévention, chamboulent les habitudes sexuelles. L’indétectabilité, la PrEP, le biomed-matching, le dépistage ainsi que le counseling, sont autant de stratégies pour réduire les risques. La possibilité de vivre une sexualité sans peur d’infection au VIH provoque une gamme de réactions et de changement de comportements; d’une importante remise en question à l’abandon total, comment accompagner ces hommes dans leur univers sexuel bouleversé par autant de nouveautés? Certaines vulnérabilités et inégalités sociales représentent non seulement des barrières d’accès, mais elles influencent aussi grandement l’utilisation et la perception qu’ont les hommes de ces nouveaux outils de santé sexuelle. En plus d’effectuer un survol de la prévention du VIH auprès des HARSAH, les présentateurs partageront des observations cliniques. Des pistes et des outils d’intervention, ainsi que des ressources seront présentés.

Alexander McKenzie est natif de Montréal, il est membre de l’OPSQ depuis 5 ans.  Il est présentement sexologue pour Option Sexologie et également au sein de l’équipe de Dre Cécile Tremblay au CRCHUM (Centre de Recherche du Centre hospitalier universitaire de l’Université de Montréal). Alexander est responsable de l’aspect communautaire, de même que du service d’intervention (relation d’aide individuelle) auprès des hommes GBT participants aux projets de recherches concernant les stratégies de réduction de risques de transmissions du VIH, principalement la PrEP (prophylaxie préexposition au VIH). En tant qu’homme cis anglophone, racisé et appartenant à une minorité sexuelle, mais aussi grâce à ses expériences en tant que formateur, conférencier, animateur de groupe et sexologue en rencontre individuelle, Alexander a pu développer une compréhension particulière des différents enjeux personnels et sociaux pouvant avoir des impacts sur la santé sexuelle et globale des hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Tout au long de son parcours universitaire en sexologie (2014-2018), Patrice Bécotte s’est intéressé aux thématiques et aux enjeux de santé touchant les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes. Cet intérêt s’est manifesté par son implication en tant que bénévole, mais aussi par des emplois d’auxiliaire de recherche, d’agent de projet et d’intervenant ; Projet SPOT, MOBILISE!, PHÉNIX et MONBUZZ.ca. Passionnée par la relation d’aide, Patrice a effectué son stage en sexologie à la Clinique OPUS où il a réalisé plusieurs suivis individuels avec des hommes GBT. Riche de son expérience professionnelle à l’égard de la consommation en contexte sexuelle, il a créé un programme de groupe novateur, « Ma sexualité sans crystal ». Actuellement à l’emploi de RÉZO, il est responsable du développement de l’approche et des fonctions interventionnelles de la future application mobile de l’organisme. Patrice effectue aussi des suivis individuels à RÉZO et est membre de l’OPSQ depuis le mois de juillet 2018.

 

12:00-13:00 Dîner
13:00-14:15 Bloc de conférences
Conférence G – L’ABC de la diversité : mieux comprendre les enfants trans et les jeunes non-binaires pour mieux les soutenirPrésentée par : Andrée- Ann Frappier, M.A. sociologue et coordonnatrice générale de l’organisme Enfants transgenres CanadaAu Québec, de plus en plus d’enfants et de jeunes affirment une identité de genre qui diffère du concept du sexe qui leur a été assigné à la naissance. Alors que cette population était, il y a une décennie à peine, socialement invisible, les recherches actuelles convergent à mettre en lumière la réalité particulière des enfants et des jeunes transgenres et non binaires ainsi que la vulnérabilité accrue émanant de la stigmatisation systématique des identités non-cisnormatives. Un véritable changement de paradigme quant à l’approche de la variance du genre durant l’enfance s’opère (Pyne, 2016) : il n’est plus question de pathologiser et de tenter d’infléchir le développement identitaire de ces enfants et ces jeunes, il s’agit dorénavant de respecter leur autodétermination identitaire et de soutenir celle-ci (Brill & Pepper, 2008; Ehrensaft, 2011, 2016; Hill & Menvielle, 2009; Meyer & Pullen Sansfaçon, 2014; Pyne, 2014). Ainsi, ce qui pathologise n’est pas le fait d’être non-conforme ou créatif.ve dans son identité ou son expression de genre, c’est plutôt le manque global d’acceptation au niveau de la société. Cette communication a pour but de démystifier les composantes de l’identité sexuelle et d’adresser les expériences particulières vécues par ces enfants et ces jeunes afin de mettre en lumière l’importance de l’approche affirmative.

Andrée-Ann Frappier est coordonnatrice générale de l’organisme Enfants transgenres / Gender Creative Kids Canada, un organisme à but non-lucratif qui offre du soutien aux familles ayant un enfant transgenre, non binaire ou en questionnement par rapport à son identité de genre. Titulaire d’une maîtrise en sociologie (Université de Montréal), son mémoire Par-delà le rose et le bleu : l’expérience des parents d’enfants transgenres a été publié en 2018. Dans le cadre de son travail et de ses études, Andrée-Ann a offert plusieurs formations et conférences, notamment au personnel des milieux scolaire et jeunesse du Québec, afin de promouvoir l’approche transaffirmative et favoriser des milieux bienveillants pour tou.te.s.


Conférence H – Traiter les consommateurs de pornographie juvénile : aspects cliniques, éthiques et judiciaires

Présentée par : Mathieu Couture, Ph.D., psychologue et Francis Laroche, M.A., sexologue et psychothérapeute

En cohérence avec le thème du congrès de l’OPSQ, nous souhaitons discuter des modalités d’évaluation et de traitement des individus ayant consommé de la pornographie juvénile (PJ), clientèle vulnérable et sujette aux inégalités sur le plan des chances de rétablissement. Particulièrement, nous tenterons de répondre à certaines de ces questions : Quelles sont les particularités de ces individus? Quelles sont les cibles prioritaires de traitement? Quels sont les enjeux auxquels sont confrontés les sexologues et autres intervenants lorsqu’ils interviennent auprès de cette clientèle, sur le plan éthique et judiciaire? Que disent les recherches récentes par rapport à l’efficacité du traitement avec ce type de clientèle? Afin de prévenir la récidive et, par conséquent, le nombre de victimes directes et collatérales de la PJ, il est essentiel de développer des méthodes d’intervention spécifiques pour les gens en ayant consommé. Ainsi, nous présenterons également les grandes lignes du nouveau programme que nous avons développé à la Clinique des troubles sexuels, incluant les composantes de notre traitement ainsi que le projet de recherche évaluant l’efficacité de ce programme. Nous prévoyons présenter des données préliminaires, en lien avec les caractéristiques des consommateurs de PJ, les outils à utiliser pour bien les évaluer ainsi que les composantes de traitement à privilégier pour veiller à une diminution de leur risque de récidive. Notons que le projet de recherche que nous menons est approuvé par le comité d’éthique de la recherche du CIUSSS de la Capitale-Nationale et que nous avons établi des collaborations avec divers cliniciens et chercheurs de l’ensemble de la province.

Francis Laroche est détenteur d’un baccalauréat (1999) et d’une maîtrise en sexologie profil counseling (2002) de l’UQAM. Depuis le tout début de sa carrière, il œuvre auprès d’une clientèle ayant commis des délits de nature sexuelle, au Groupe Amorce (1999 à 2008), au programme d’aide aux agresseurs sexuels à Rivière-du-Loup (2002 à 2016), ainsi qu’à la Clinique des troubles sexuels de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec depuis 2002. Il pratique également en bureau privé où il effectue des expertises sexo-légales. Ses activités cliniques sont essentiellement centrées sur l’évaluation sexologique, l’évaluation phallométrique et le traitement de cette clientèle. Depuis la dernière année, il co-anime le programme de traitement offert aux consommateurs de pornographie juvénile à la Clinique des troubles sexuels. Au fil des années, M. Laroche a également offert des formations concernant la problématique des agressions sexuelles à différents partenaires. Enfin, il est membre du regroupement des intervenants en matière d’agression sexuelle (RIMAS) et du comité international permanent du congrès international francophone sur l’agression sexuelle (CIFAS).

Mathieu Couture est détenteur d’un doctorat en psychologie, profil Recherche et Intervention (Université Laval, 2008). Il travaille pour la Clinique des troubles sexuels de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (incluse dans le CIUSSS de la Capitale-Nationale) depuis 10 ans. Ses principales activités cliniques concernent l’évaluation et le traitement des individus ayant commis des infractions sexuelles ou étant à risque de commettre des infractions sexuelles, ainsi que l’évaluation et le traitement des individus étant aux prises avec une problématique de trouble hypersexuel (aussi nommée «dépendance sexuelle»). Depuis quelques années, il se spécialise dans l’évaluation, le traitement et la recherche auprès des individus ayant consommé de la pornographie juvénile. Il a récemment élaboré un programme de recherche s’adressant spécifiquement à cette clientèle, en collaboration avec monsieur Francis Laroche et d’autres professionnels de la clinique, et l’a rendu disponible à plusieurs ressources de traitement à travers le Québec. Il a aussi contribué à l’élaboration du programme VISÉES (Vers l’intégration d’une sexualité épanouie et saine), offert à la Clinique des troubles sexuels, pour les individus ayant un trouble hypersexuel (en collaboration avec ses collègues, mesdames Isabelle Proulx et Catherine Richard, sexologues). Monsieur Couture est membre du Regroupement des intervenants en matière d’agression sexuelle (RIMAS) et a offert différentes conférences notamment lors des congrès du RIMAS et du CIFAS (Congrès international francophone sur l’agression sexuelle).


Conférence I – Sexualité et itinérance chez les jeunes : mieux comprendre pour mieux intervenir

Présentée par : Philippe-Benoît Côté, sexologue et professeur (UQAM)

Au Canada, les jeunes âgés de 13 à 24 ans, qui comptent pour 20% des personnes en situation d’itinérance, sont confrontés à des contextes de grandes vulnérabilités (Gaetz et al., 2014). Toutefois, peu de travaux documentent les expériences intimes (amour et sexualité) des jeunes en situation d’itinérance. Cette communication propose un bilan de deux études qualitatives portant sur 1) les relations amoureuses et sexuelles de ces jeunes (N=32) et 2) l’utilisation qu’ils font des services en matière de sexualité (N=33). La 1ere étude montre que les relations intimes des jeunes sont difficiles à établir en raison de la précarité de l’itinérance, mais qu’elles sont considérées, paradoxalement, comme nécessaires pour répondre à leurs besoins de subsistance. Cette nécessité à créer des liens intimes contraint les jeunes à interpréter à la baisse les risques sexuels encourus, entre autres lors de contexte de prostitution, pour assurer leur survie. La 2e étude montre que les jeunes qui utilisent les services en matière de sexualité le font surtout pour prévenir et gérer les risques sexuels, et ce, au détriment de discussion sur le plaisir ou l’intimité. À partir des recommandations des jeunes, cette communication permettra de : présenter des résultats empiriques sur les expériences amoureuses et sexuelles des jeunes en situation d’itinérance, présenter des résultats empiriques sur l’expérience que les jeunes en situation d’itinérance font des services en matière de sexualité et d’échanger sur des pistes d’intervention en matière de sexualité adaptées à l’expérience des jeunes en situation d’itinérance.

Philippe-Benoit Côté, Ph. D., sexologue, est professeur au département de sexologie à l’Université du Québec à Montréal. Ses travaux de recherche portent sur les expériences intimes et sexuelles des personnes en situation d’itinérance, ainsi que les stratégies d’éducation, de promotion et de prévention de la santé sexuelle auprès des personnes marginalisées. Il est membre-chercheur au Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations (CREMIS).

14:15 Pause
14:45-16:00 Panel Quelles pratiques professionnelles adopter en contexte de vulnérabilités et d’inégalités sociales : un panel à trois voix Bien que chaque contexte de vulnérabilité et d’inégalité sociale représente des difficultés uniques, certaines de ces difficultés se recoupent. En outre, certaines de ces difficultés sont liées à la sexualité ou aux services offerts par des professionnel.le.s. Afin de discuter de ces enjeux, trois personnes faisant partie d’un groupe en contexte de vulnérabilité ou d’inégalité sociale et travaillant auprès de ce groupe, ont été invitées à participer à un panel. Cette activité vise : 1) à identifier les enjeux propres à ces personnes et groupes; 2) à situer ces enjeux dans le cadre de la sexualité et des services professionnels; 3) à améliorer les pratiques professionnelles des sexologues auprès de ces personnes et groupes. Chaque paneliste est invité.e à titre d’expert.e concernant un groupe précis, mais la discussion entourant les pratiques professionnelles visera à explorer les manières d’appliquer ces pratiques à d’autres groupes également.

Aula Sabra est diplômée du baccalauréat en sexologie. Elle est sexologue et travaille comme agente de projets au Y des femmes de Montréal – YWCA depuis 2015. Elle est de confession musulmane et a un intérêt particulier à intervenir auprès de populations ethnoculturelles diversifiées. Elle participera au colloque à titre de panelliste invitée afin de partager son expérience et son savoir sur les contextes de vulnérabilités et d’inégalités sociales chez les personnes de confession musulmane, ainsi que les pratiques professionnelles à adopter en lien avec la sexualité.

Gabriel Gallantino est étudiant à la maîtrise en sexologie, profil clinique. Il participera au colloque à titre de panelliste invité afin de partager son expérience et son savoir sur les contextes de vulnérabilités et d’inégalités sociales chez les personnes trans, ainsi que les pratiques professionnelles à adopter en lien avec la sexualité.

Mélodie Jourdain-Michel est diplômée du baccalauréat de sexologie. Elle occupe présentement un poste d’intervenante dans le secteur enfance-famille-jeunesse dans la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, sur la Côte-Nord. Elle participe au colloque en tant que panelliste invitée pour partager son expérience et ses connaissances sur les contextes de vulnérabilités et d’inégalités sociales chez les Autochtones, ainsi que sur les pratiques professionnelles à adopter en lien avec la sexualité.

16:00 Mot de remerciement et de clôture
16:30 Fin
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